|
« …Genre un rôti de
porc bien ficelé dans une ambiance orgie décadente en remplaçant le
cochon par une femme. Et voilà. Comment ? Erotique ?.... Un grand black
bien musclé à la peau d’ébène et au regard de braise, complète avec
l’inévitable jeune esclave entravée dont la peau ambrée reflète la
lueur des flammes… et re voilà. Comment ça quelles flammes ? Mais celles
du gigantesque feu qui rugit dans la cheminée pardi ! Dans une chambre
colossale, cela va sans dire. Tu ne vois pas ? Mais si tu vois très
bien ! Des lances et des boucliers au mur avec une torche par ci par
là ; épars, des vases antiques emplis de fleurs inconnues aux parfums
enivrants et, comme de bien entendu, la peau de bête soyeuse
négligemment posée à même le sol devant la fameuse cheminée. Peau de
bête ou finiront inexorablement nos deux compères. Pour ça, tu n’as qu’à
prendre un ours. C’est un peu cliché, mais tu avoueras que la peau
d’ours dans le salon, c’est la grande classe! Pas très écolo, mais
classe. Et puis je vois assez mal comment placer un tapis synthétique
Ikea dans le contexte.
Donc, une peau d’ours
(ou de yack ou de singe) qui fera rêver ton lecteur. Parce que, tu
aimerais, toi, faire des galipettes à même le sol sur ces grandes dalles
de granit glacé ? Non ? Et bien le lecteur non plus figure toi. En plus
elle est très importante cette peau d’ours (oui, c’est définitif, c’est
une peau d’ours et non pas de yack ou de singe). Très importante parce
que c’est lui (le grand black) qui l’a tué lors d’une de ses chasse
(l’ours, pas la peau, mais tu avais compris). Même qu’il avait perdu sa
lance juste avant et qu’il a dû lutter jusqu’à la mort juste avec son
petit poignard de rien du tout. Oui madame ! Et là, magie : ça campe ton
personnage ! Tout de suite tu visualises le bonhomme, beau gosse, avec
ses muscles saillants, son teint hâlé son… Pardon ? Si c’est un black
il ne peut pas avoir le teint hâlé ? Pfff… ce que tu peux être tatillon
alors… Bon : « la peau tannée par une longue exposition au vent et au
soleil », c’est mieux ? Rajoute lui un pagne (en peau de léopard pour
rester dans le ton) et tu viens de gagner un Rahan des temps modernes !
Rahan ne kidnappait pas de jeunes esclaves pour les culbuter sur la
moquette du salon ? C’est vrai. Mais je te signale qu’il n’avait pas non
plus de maison avec des vases pleins de fleurs, ni de cheminée ubuesque,
et que c’est justement pour ça qu’il est moderne. Et elle, et elle…
Alors elle…Elle est très belle évidemment. Ce type de beauté « naturelle
et insolente qui n’a besoin d’aucun artifice pour resplendir » (d’autant
plus que, vu sa situation, maquillage et démaquillage… bref, passons…).
Ensuite, elle porte un nom suave, exotique et imprononçable qui se finit
en « a » (du style Tsevena ou Psilana). Et puis… c’est une héroïne
quoi ! Alors comme toutes les héroïnes : des gros seins, des cuisses
charnues, des… Plus sensuelle ? Ses tétons mutins et son ventre galbé ?
Ses yeux de biche apeurée aux longs cils sombres ? Sa chevelure satinée
à la heald & shoulder, et des épaules délicates auxquelles ne saura
résister notre gaillard ? Allez, va pour l’Aphrodite des steppes! (je
serai toi cependant, je lui laisserai tout de même une paire de lèvres
pulpeuses et un derrière plantureux… pour la tranche des lecteurs
masculins de 15 à 80 ans par exemple). Et re re voilà. Pas suffisant ?
Tu exagères ! Un grand balèze guerrier body buildé à la Stalone travesti
en Chippendale, une sauvageonne tigresse saucissonnée tout nue au coin
du feu… Personnellement, je dirais plutôt qu’il y a de quoi ficeler une
bonne histoire… »
|