| 20 Janvier 2005 |
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NanoCascades |
© Jean Pierre Banville |
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L’alpinisme
n’est plus ce qu’il était.
Or,
depuis quelques années, les limites en cascade ont été repoussées.
On
a donc tendance à rechercher une glace mince pour augmenter la
difficulté, à regarder du coté des coulées qui ne se forment que peu
souvent, à additionner des techniques de rocher pour mettre du piquant
et élever la barre. Il n’est pas ici question de faire le procès du drytooling, je serais mal placé pour le faire, car on ne peut refuser la variété des expériences qui reflètent bien l’élan créateur de l’esprit humain. Et certains pays ont besoin de tout le plaisir qui peut exister quand on considère la longueur de l’hiver!
La
cascade de glace, dans les pays occidentaux, tend à se diriger vers les
répétitions. La nouveauté manque et une pratique qui n’offre plus de nouveauté et de défi est une pratique qui se meurt. Quel est l’avenir de la cascade? Depuis le début de l’hiver, j’expérimente le concept des « nanocascades ».
Des
« cascades » de 4 à 9 mètres qui ne sont bien souvent que des coulées de
glace le long d’une fracture géologique au fond d’un champ, le long
d’une route de campagne, aux abords de la ville. Or toutes ces cascades ont la possibilité de régénérer un sport en attirant de nouveaux pratiquants qui ne désirent pas l’engagement nécessaire pour les monstres de glace mince, pour le drytooling extrême.
Mais
le manque d’engagement ne veut pas dire que le niveau technique ne
puisse pas y être élevé. Il y a du mince et du très mince sur ces
nanocascades. Il y a des tubes et des draperies qui sont d’une fragilité
de verre. Il y a des champignons délicats et de la vapeur solidifiée.
L’avantage logistique étant que la majorité de ces nanocascades vivent
en colonie et qu’une journée d’escalade peut représenter sept ou huit de
ces cascades qui ne sont séparées que d’une dizaine de mètres l’une de
l’autre. Le matériel est réduit au minimum : on peut souvent placer une
moulinette au sommet et se passer de ces onéreuses vis à glace; au
mieux, on n’en place que trois!
En
fait, la nanocascade, c’est la pratique du bloc sur glace mais sans le
bloc… la glace ne se forme pas sur un bloc et il faut alors s’y
contenter du drytooling. Nous sommes dans le domaine de l’éphémère, du solide qui deviendra liquide, de ces quelques mètres de gel qui font toute la différence. Car, sommes toutes, pourquoi grimpons-nous ? Pour la passion. Pour le plaisir. Pour le défi. Il peut exister des « nanocascades » mais elles génèrent une maxi satisfaction. Et, à la fin de la journée, c’est tout ce qui compte!
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JP Banville : Bloc au Québec en hiver ! |
Une nanocascade ! |
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