| 15 Mai 2005 |
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Urbain climber |
© Jean Pierre Banville |
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Trois fois par semaine, une petite vingtaine de minutes pour ne pas retarder la livraison de courrier dans la rue et jeter le doute dans l’esprit des voisins. La porte de Mireille s’entrouvre, je m’introduis, je mange les trois biscuits au chocolat et le petit verre de lait qui traînent toujours sur la table et je me précipite vers la chambre du petit appartement au troisième étage d’un immeuble de banlieue.
Mireille m’y attend, ne
portant que ses bijoux.
Jeudi dernier, notre
amour vit sa première crise.
-« Vite…vite… sors par
la fenêtre! Je vais lui dire que je vais dans la douche.»
Elle me poussait
littéralement hors de la chambre, côté fenêtre. Nu comme Adam au sommet du Mont Ararat. Ou quelqu’un d’autre mais nu quand même.
-« Chouchoune,
chouchoune… je vais me planter! » Je me suis décidé à longer le bord de la fenêtre pour tenter de rejoindre le coin de la maison où le bord des pierres, des briques en fait, avait l’air un tantinet plus large. Puis vint le moment de me lancer : j’ai laissé la fenêtre.
C’est l’Amour qui me donna la force de survivre! Mes doigts mordaient la brique comme les griffes d’un ours. Ma conscience s’envola et je ne pensais plus à rien. Un gros orteil entre les interstices de la façade, une main qui cherche un autre interstice plus bas, une position de grenouille et on recommence la séquence. Toute cette escalade vers le bas dura sans doute deux minutes. En fait, je réussis à agripper le balcon du deuxième, je me suis jeté sur le balcon du premier et, d’un coup de rein, je réussis à rejoindre le sol. J’agrippais mon uniforme sous les yeux ébahis de deux petites vieilles qui prenaient leur café sur leur balcon, dans l’immeuble d’en face. La livraison du courrier risquait d’être périlleuse dans ce quartier durant les prochaines semaines… -« Maurice, grand fou, pas maintenant… je vais prendre une douche! Tu me chatouilles avec ta barbe…Mauriiiiiice! » Ma Mireille se sacrifiait pour me sauver! Cette femme est une perle! Je crois que je vais m’inscrire à une salle d’escalade : on ne sait jamais quand ça peut servir….
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