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Chronique vacances I
Je me suis levé pour aller travailler et il tombait une petite bruine,
rien à voir avec le déluge des quatre derniers jours mais juste assez
maussade pour encourager une hausse du taux de suicide.
Les débuts de printemps, c’est souvent horrible car on ne voit pas la
fin de toute cette neige et il nous manque le soleil et sa chaleur.
Pas d’escalade et une déprime à tout casser que même les heures passées
au bureau ne peuvent pas dissiper. Réellement … vous croyez, vous, que
le travail aide à surmonter une dépression printanière ?
Au mieux, il vous permet de vous acheter un billet pour fuir ces
quelques arpents de neige – dixit Voltaire – et aller grimper sous
d’autres cieux.
Toute la journée, j’ai peiné à rester gentil, à sourire, à garder mon
calme, à répondre correctement aux questions, même les plus idiotes ; je
me suis concentré sur mon écran, j’ai poussé un crayon, j’ai répondu des
platitudes au téléphone, j’ai transféré des dossiers.
Bref, j’ai vécu des moments inoubliables tels qu’on en vit à tous les
jours et qui font qu’en fin de compte tout ce que nous avons à montrer
comme accomplissement, c’est le nombre de jours vécus !
Nous n’accomplissons rien de grand ou de valorisant.
La journée s’est passée puis, vers 15:30, je me suis dit que c’était
assez.
J’ai tout fermé, j’ai pris mon sac et je suis sorti sans un bonjour.
Les gouttes d’eau sur ma voiture brillaient au soleil comme des
diamants.
J’étais finalement en vacances !
Mon gros sac North Face est rempli à ras bord. J’arrive à peine à le
lever !
Le billet d’avion me fait des clins d’œil du coin de mon bureau !
Mes vêtements m’attendent sagement sur le dos d’une chaise !
J’ai confié la maison à mon fils bien-aimé. Dieu sait ce qu’il en
restera à mon retour… il planifie d’utiliser toutes mes affaires, de
jouer avec mon matériel, de déplacer mes livres. Je m’en balance ! Qu’il
prenne tout pour l’amener à la maternelle mais qu’il me laisse partir…
Je crois qu’on a tous bien besoin de décrocher de temps à autre, de
changer de vie, d’être nous-même.
Oups… là, c’est pas drôle car si je redeviens moi-même, c’est dire que
je redeviens l’homme qui a accueilli LZM et sa famille l’été dernier.
Donc je me suis dit que quitte à recréer ce Mr Hyde de la grimpe, autant
le recréer avec LZM ! Et quelques autres tout aussi attaqués…
Demain, direction Strasbourg pour la première partie de mon voyage… deux
jours à Kronthaller ou à Gueberschwirer tout en faisant des courses et
en visitant des amis.
Puis ce sera le Gard.
Puis ce sera le centre, Valence et Grenoble.
Pour revenir sur Strasbourg.
Donc la Gaule est divisée en trois parties…
La nouvelle Guerre des Gaules s’annonce laborieuse. Toutes ces falaises,
toutes ces voies, tous ces maillons rapides que je vais laisser en
désespoir de cause ! Toutes ces bouteilles qui nous attendent, toutes
ces sorties « organisées », tout ce monde à rencontrer, tout ce
potentiel d’aventures…
Mais on va bien rire.
On est en vacances !!!
Amenez la grue… il faut lever le sac et le charger dans l’auto !
Direction l’aéroport.
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